La récupération des eaux de pluieL’eau est un bien rare et précieux dont le prix ne cesse d’augmenter. Récupérer les eaux de pluie est donc un acte écologique et économique qui permet : - d’économiser l’eau de ville, y compris en période de sécheresse ou de restriction - de retenir l’eau de ruissellement contribuant ainsi à diminuer le risque d’inondation pluviale et le risque de pollution, les stations d’épuration ne pouvant gérer cet afflux trop important. Plusieurs possibilités : - récupérer l’eau pour le jardin - récupérer l’eau de pluie pour la maison : eau non potable et / ou eau potable
1- Pour le jardin : Plusieurs solutions : - pour quelques euros vous pouvez vous équiper d’un récupérateur de pluie placé après perforation sur une gouttière qui conduit à un récipient - vous pouvez acquérir une installation plus sophistiquée comprenant une cuve extérieure (de 225 l à +) munie d’un robinet, d’un sonde et d’un couvercle équipé d’un réceptacle de gouttière simple. Coût : environ 50 €. - pour pouvoir arroser au jet ou avec des arroseurs, complétez avec une pompe d’arrosage. Coût : 150 à 200 €. Quelle cuve pour quelle surface ? On estime qu’il faut prévoir 15 à 20 litres /m2 et par arrosage. 2- Pour la maison : | Chiffres clés : sur l’eau que nous consommons, seulement 1% est consacré à la boisson et 3% pour la préparation des aliments. Tous les autres usages peuvent être réalisés avec de l’eau pluviale. | Les avantages de l’eau de pluie : - on dispose d’une autonomie en cas de restriction d’eau - on préserve la durée de vie des plomberies et appareils ménagers, l’eau de pluie ne contenant pas de calcaire - on réalise une économie d’utilisation de lessive et de produits adoucissants - l’eau de pluie, plus douce agresse moins la peau
Comment ça marche ?
| A/Pour réaliser un système de récupération pour un usage ne nécessitant pas de l’eau potable (WC, machine à laver, lave-vaisselle, douches, jardin, piscine) : La pluie qui tombe sur la toiture est dirigée vers une citerne via des gouttières et des chenaux. L’eau passe dans un filtre placé avant la citerne afin d’éliminer les débris. Il faut prévoir un trop-plein qui dirigera les eaux vers le réseau pluvial lorsque la citerne sera pleine. Enfin, un groupe hydrophore placé à l’intérieur de la maison permet de pomper l’eau et de la mettre sous pression afin d’alimenter les conduites d’eau de la maison. |
Pour une bonne qualité de l’eau, veiller à : - avoir une toiture de préférence en matériaux naturels - veiller à l’entretien des filtres placés en avant de la citerne - la citerne doit être enterrée à l’extérieur ou placée dans une cave et doit être de préférence en béton ou maçonnée. Le béton ou mortier ont pour qualité de neutraliser l’acidité naturelle de l’eau en y introduisant quelques sels minéraux. - la citerne doit être protégée des pollutions extérieures, être équipée d’un système d’aération, d’un indicateur de niveau, d’un trop-plein d’évacuation muni d’une grille et d’un clapet anti-retour - la sortie du groupe hydrophore doit être équipée d’un filtre lavable de 10 microns.
B/Pour obtenir de l’eau potable : Il suffit de rajouter au système une cartouche céramique (0,4 microns) associée à un filtre à charbon actif. Les filtres sont alors placés sous l’évier dédié à l’eau potable. Important : l’entretien doit être rigoureux et les analyses de potabilité régulière. La législation en France : Les installations de récupération d’eau de pluie dans les maisons individuelles font l’objet d’aucune demande d’autorisation, cependant il faut obligatoirement faire analyser son eau de citerne par un laboratoire agréé par la DDAS. Pour les bâtiments collectifs (immeubles, gîtes, hôtels…) un accord préalable de la DDAS est obligatoire. Important : il faut toujours veiller à ce qu’il n’y ait pas de confusion possible entre le réseau d’eau de ville et celui de récupération de l’eau pluviale. Eléments pratiques : comment évaluer ses besoins ? En règle générale, on estime pour une maison de 4 personnes avec une superficie au sol de 100 m2 une capacité de citerne nécessaire de 12 à 15 m3 (pour un usage sans eau potable).
Petite formule à retenir pour le calcul du dimensionnement de la cuve : Pluie récupérable en litres = pluviométrie (mm/an) X surface de captage (m2) X 0,60 (coéf. de perte). |  |
Le coût : Il varie 2 500 € à 8 000 € (filtres compris) en fonction de ses besoins de stockage, de l’utilisation envisagée. Prévoir l’enfouissement d’une citerne lors des travaux de terrassements diminue fortement la facture. Prévoir 1 000 € pour le groupe hydrophore.
Sources utiles : Ouvrage de Sandrine Cabrit-Leclerc "l'eau à la maison" Ed. Terre Vivante. Les sites: www.eau-de-pluie.com et www.idéesmaison.com |