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PatrimoineUn paysage construit : les bancelsLes Cévennes jouissent d'un climat méditerranéen aux températures clémentes en raison d'une altitude moyenne peu élevée (< 500 m). Aux fortes sècheresses de l'été, succèdent des orages d'automne tempéteux et dévastateurs, les fameux "épisodes cévenols". Le relief est compsé d'une succession de crêtes escarpées et de vallées encaissées aux pentes abruptes. En raison de ses facteurs climatiques et physiques, l'homme a construite le paysage pour pouvoir y aménager des espaces propices aux cultures. Ainsi des terrasses - également nommées bancels ou faïsses - scandent le paysge depuis le bas des vallées jusqu'aux crêtes, marquant fortement le paysage cévenol. Sur les terres aménagées, on établissait des prairies de fauche, cultivait le potager, des vergers et le mûrier, arbre dont la feuille nourrissait les vers à soie, activité qui fut particulièrement florissante au milieu du 19è siècle.
Architecture :Lorsque l'on parle de construction des bancels, on dit que les hommes "remontaient la terre au-dessus de leur tête" , tant la pente des coteaux est abrupte. Ce travail opiniâtre consiste dans un premier temps à casser le rocher, épierrer et bâtir les murs. Ces derniers sont montés en pierres sèches, plus rarement avec de la chaux. Ils mesurent environ 1 mètre de largeur, possèdent deux parements et un blocage de petites pierres au milieu. Celles-ci ne sont pas jetées en vrac mais sont disposées au mieux des emboîtements possibles. Un rang de pierres dressées et serrées en oblique de faible hauteur et très régulières couronne la totalité du mur, assure la tenue de l'ensemble et résiste très bien aux piétinements. Dans un second temps, les hommes et les femmes égalisaient la terre, la transportaient parfois dans des paniers depuis le bas de la pente lorsque les pluies avaient trop raviné la terre et qu'elle était d'une épaisseur insuffisante sur la parcelle. L'accès d'une terrasse à l'autre se fait par des escaliers construits dans l'épaisseur du mur ou par de simples pierres plates bâties en saillie. Le passage d'un animal étant impossible avec ce type d'aménagement, tous les travaux ne pouvaient s'effectuer qu'à dos ou bras d'hommes. Afin de conserver l'eau si abondante à l'automne et si rare en été, l'homme a multiplié les aménagements hydrauliques, captant les sources, construisant des bassins pour stocker l'eau (gourgues) et des rigoles (béals) pour l'amener jusqu'aux bancels. Le travail de l'homme était un éternel recommencement. Il fallait malgré tous ces agencements, après chaque violente pluie d'automne, bâtir les murs détruits, remonter la terre entraînée par le fort ruissellement et reconstruire les aménagements hydrauliques. Aujourd'hui :La pérennisation de ce paysage humanisé n'est possible qu'avec le maintien d'une activité agricole et de la population. Malgré le grand exode qui frappa les Cévennes au début du 20è siècle, aujourd'hui cette région retrouve un certain essor en particulier dans le cadre du Parc National des Cévennes qui développe aussi une politique de conservation des bancels, éléments identitaires du paysage cévenol. De plus, ces terrasses se révèlent être encore le moyen le plus efficace pour développer des cultures en raison du climat et du relief particulier. Ainsi on peut encore voir aujourd'hui des bancels parfaitement aménagés pour les potagers, les vergers mais aussi pour la culture de l'oignon doux des Cévennes, désormais labellisé. |
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